Depuis 2018, le Prix Ilan Halimi récompense chaque année des projets portés par des groupes de jeunes de moins de 25 ans, qui sensibilisent à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Ce prix porte le nom d’Ilan Halimi, jeune français enlevé, séquestré et torturé, mort de la haine antisémite, mort à cause des préjugés en 2006. Espoir 18 a fait partie des lauréats pour le projet « Dressez l’oreille, on parle de vous ».
Le président de la République a présidé la cérémonie de remise du prix Ilan Halimi ce jeudi 13 février 2025. Présidé par l’écrivaine Émilie Frèche, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (DILCRAH) a récompensé quatre projets lors de cette 7ème édition dont celui porté par les jeunes du 18è.
Les jeunes Alexandre, El Hadji, Iqbal, Jad et Maher accompagnés par leur encadrant Azzedine Sadji et Jérôme Disle, directeur d’Espoir 18, ont été conviés à l’Élysée comme reconnaissance du travail effectué dans la lutte contre les discriminations. La journée a commencé par une matinée émouvante à Sainte-Geneviève en hommage à Ilan Halimi. Puis ils ont été reçus quelques heures plus tard au Palais de l’Élysée par le chef de l’État accompagné de nombreux ministres. Pour présenter Espoir 18, Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a rappelé l’importance de lutter contre l’indifférence.
Discours à l’Élysée
Aurore Bergé, ministre : « Nous espérons surtout que leur parole soit reçue par les français pour lutter contre le pire des fléaux qui est celui de l’indifférence pour garantir que la fraternité soit à nouveau tout simplement d’être à l’écoute de la souffrance de l’autre, quand bien même on ne partage pas la même identité. Et je crois que les projets que nous honorons aujourd’hui et que vous avez sélectionné avec la DILCRAH, chère Emilie, tout ce travail qui est réalisé en hommage à Ilan Halimi, c’est justement ça, tendre l’oreille. Et tendre l’oreille, c’est le magnifique projet que vous avez porté Espoir 18. Tendre l’oreille par le théâtre, tendre l’oreille par la vidéo, par la photo, par les arts pour que jamais l’indifférence ne gagne. Bravo à vous pour ce prix spécial.«
Alexandre, jeune lauréat d’Espoir 18 : « Avec cette association qui encadre plus de 2000 jeunes âgés de 15 à 25 ans autour du sport, de l’art, de l’insertion professionnelle et de projets de solidarité internationale, nous luttons aussi contre l’antisémitisme et le racisme, et c’est au cours de cette lutte que nous avons participé à un projet que nous vous présentons aujourd’hui : Dresser l’oreille on parle de vous. Au cours de ce projet, nous mêlons mémoire, actualités et dialogue interculturel. Et dans le cadre de ce projet, nous avons pu visiter de nombreux lieux mémoriels comme le camp de Dachau, de Struthof, de Rivesaltes et d’Auschwitz. Nous avons eu aussi l’immense honneur de rencontrer et de dialoguer avec des survivantes de la Shoah, Ginette Kolinka et Esther Senot. Nous avons aussi travaillé sur le génocide rwandais et rencontré Gaël Faye, et nous nous sommes intéressés à l’actualité, notamment autour du conflit israélo-palestinien, avec des intervenants comme Dominique Sopo, Jonathan Hayoun et Anne Assouline. Nous avons aussi participé aux 80 ans de la mission Libération durant la commémoration du D-Day, et nous avons aussi fait de nombreuses petites activités comme des capsules vidéo, des ateliers dessin et des vidéoprojections comme avec le film « La plus précieuse des marchandises » Par tout cela on se rend aujourd’hui beaucoup plus fréquemment dans des lieux culturels comme les QJ et participons à des débats interreligieux. Dernièrement on a eu la chance de recevoir un imam, un rabbin et un prêtre pour participer à un débat autour de la laïcité. Ce projet nous a permis d’apprendre, de grandir et de prendre du recul sur nos préjugés. Nous avons donc pu approfondir nos connaissances sur la Shoah, le génocide Rwandais et le drame vécu par Ilan Halimi. On se rend aujourd’hui beaucoup plus au mémorial de la Shoah et certaines visites, que ce soit dans les camps ou au mémorial nous ont touchées. Je pense, en parlant pour nous cinq ici présents que nous avons pu dépasser nos préjugés, nous avons pu débattre avec de nombreuses personnes et aujourd’hui enfin comprendre les mots de Frantz Fanon : « Quand vous entendez dire du mal des Juifs dressez l’oreille, on parle de vous ». Car la lutte antisémite que l’on effectue et que tous ici, je pense, ont effectué, n’est pas juste contre l’antisémitisme mais elle se dresse contre le racisme et toutes les autres formes de discrimination. Nous sommes aujourd’hui fiers d’être ambassadeurs de cette lutte ô combien importante au sein de nos quartiers et nous tenons donc à vous remercier pour l’honneur de recevoir ce prix Ilan Halimi qui met en lumière notre travail et notre engagement. Merci.«

